Le Kilimandjaro, des dauphins et une mer de dollars

26 10 2008

Il y a beaucoup de jours comme celui-ci ou la vie semble bien fade. Retour en arrière, il y a deux semaines : début des vacances.

 

Mardi soir à minuit nous prenons l’avions direction Moshi, une ville au pied du Kilimandjaro, Tanzanie. L’Afrique, encore et toujours. Un pays Musulman, le farniente, les couleurs : j’adore déjà. Arrivé de bon matin, nous rencontrons le guide et réglons les derniers détails administratifs avant le depart. L’après midi nous nous baladons dans cette ville propre et chaude. La terre y est molle et le ciel gris sombre. Le lendemain nous commençons l’ascension du Kilimandjaro, départ à 1900m.

 

Pendant cinq jours nous campons sur les flancs de la montagne, de plus ne plus haut, de plus en plus froid et de plus en plus beau. Nous nous installons dans un camp à 4600m d’altitude en fin de matinée du cinquième jour. La tension est palpable, l’appréhension est omniprésente.

 

A minuit ce même jour nous débutons l’ascension finale. Il fait zéro degrés, et la nuit est noir : la lune n’est pas encore la. Nous partons pour marcher six heures dans le noir, dans le froid qui s’accentue a chaque demi-heure. Vers cinq heure du matin nous somme a 5600m d’altitude, il fait bien en dessous de -10C ; la fatigue et la faim ce font sentir. Le groupe se crispe, les grimace se figent, il faut avancer avant que le froid nous cloue sur place. Nous n’avons fait qu’une pause de cinq minutes jusque la. La marche est interminable, les minutes passent comme des heures. Je fixe bêtement les talons de celui qui me précède (je les éclaire avec ma lampe frontale), je me concentre sur ma respiration et je pense. Je réfléchis, j’angoisse : J’ai faim, j’ai trop faim, il faut que je mange, j’ai trop mal aux jambes, elles me lâchent; non ca va, je tiens bon, j’ai mal au cœur, a la tête, c’est le Mal des Montagnes qui commence ; non ca va, je tiens bon. Quelle heure est-il ? Quelle altitude ? Cela doit bien faire 50m, un quart d’heure depuis que j’ai demande, peut être moins, peut être plus. Que c’est long. Qu’il fait sombre. Le temps s’étire et ce répète comme une vieille cassette débobinées. Le soleil ne va-t-il jamais se lever ? Il fait si noir ; Je fixe les talons de celui qui me précède, je me concentre sur ma respiration et je pense. Je réfléchis, j’angoisse : J’ai faim, j’ai trop faim, il faut que je mange, j’ai trop mal aux jambes, elles me lâchent; non ca va…

 

Un peu après 6h du matin nous atteignons l’entrée du plateau, à 5700m d’altitude. Il y fait moins vingt degrés et le vent soufflent très violemment, a telle points que nous vacillons en marchant comme une bande de pantins emmitouflés et enivrés. Arrive a cette etape, nous nous laissons aller a un grand soulagement et nous nous relâchons un peu mais pas le temps de faire une pause, il fait continuer jusqu’au sommet, 195m plus haut, 1h plus haut. Le soleil se lève enfin alors que nous arrivons au panneau indiquant le sommet de l’Afrique. Le mythique Kilimandjaro est sous nos pieds, 5895m au dessus de la mer. Atour de nous les lueurs roses éclairent les nuages, le glacier, le cratère et les brumes. Deux heures plus tard nous rejoignons le camp à 4600m. Cinq heures plus tard nous rejoignons extenués le camp à 3100m. Le lendemain midi nous somme de retour à l’hôtel. Cela aura dure sept jours, a dormir dans la tante posée au beau milieu des champs de liberté.

 

Nous prenons l’avions pour Zanzibar, ile paradisiaque de l’océan indien qui n’a plus trop d’intérêt, puisque c’est devenu un parc à touriste semi-sauvage (le parc) ou le dollar et devenu la deuxième langue nationale. Tout se monnaye, même les sourires et les indications informelles. Quel intérêt me direz-vous ? La mer, oui bon, elle est belle, chaude et turquoise mais sent le pétrole des bateau-taxi qui baladent des bancs de touristes crachant leurs billets verts comme des distributeurs bienveillants ; on se met dans la file, on fait comme tout le monde, on crache, oui bon. Quel intérêt alors ? J’y ait nage avec des dauphins. Oui, oui. Au dessus, au dessous, sur les cotés, devant, derrière, une vingtaine de dauphins filant lentement pendant quelques minutes avec moi au creux des vagues. Incroyable ? Non, non : tout ce monnaye vous dis-je. Quel intérêt alors ? Les vacances au soleil avec des amis ; quelques rires ; quelques moments de libertés ; le plaisir de se reposer sur son lit dans une chaleur moite, caressé par le souffle du ventilateur régulier au son du muezzin; le dépaysement ; l’architecture.

 

Retour en avant, au train-train de Johannesburg : les emails ; les dossiers ; les affaires urgentes. Il y a beaucoup de jours comme celui-ci ou la vie semble bien fade.





Unstoppable Tick-Tock

10 10 2008

This is the post that has already been written in countless blogs, in which the blogger apologizes for not having posted anything for a while and comes up with good excuses. I won’t apologize, I don’t owe you.

I haven’t written in a while for several reasons: 1 – I have been busy (surf in Durban, road trip along the garden route, hiking in the mountains); 2 – I have been worried about writing over and over the details of my past weekends and was feeling this exercise was getting less and less interesting; 3 – I have been busy preparing my holidays, a trip I would like to discuss a little.

As told in a previous post I am leaving for Tanzania tonight at midnight – sounds like a death penalty ending – and will be spending the next week climbing mount Kilimanjaro (5985m). We have been preparing physically, technically, financially and mentally for the last two months and it feels today like we are finally setting foot on the starting line.
I am filled with excitement and apprehension. I will surely detail how the journey went, when (if?) I come back, I therefore will not say much more now. All I can say is that the preparation has been quite stressful, especially these last days.

To give you a quick example: we need American dollars (roughly $3,000) to pay out the climb as you can’t pay it by card nor in local money apparently. The trick is that banks will be reluctant to exchange that much money, so you need travelers cheques, and the catch is that Amercian Express will not sell travellers cheques to non residents nor to people working in South Africa… And the banks will only sell to people having an account with them. Having no bank account here, I was stuck in a loophole.

Anyway, we are now ready for departure, starting to think about the actual walk; seven days of beauty and suffering.