Extrait de carnet de voyage en Birmanie
À Bagan…
« Au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans ce pays, il semble plus merveilleux encore. La région n’est que villes d’un autre temps, campagnes asséchées et temples ou pagodes. L’air y est cristallin le matin et doux en fin d’après-midi. On se laisse bercer par le rythme des sabots de notre cheval qui claquent sur le bitume. »
« Les temples sont somptueux à l’extérieur ; rouges, noirs, blancs ou dorés, parfois gardés de dragons, ils sont là par milliers dans cette vaste plaine. »
« La vie est tranquille ; on s’habitue à cette monotonie coulante et sans intérêt autre que de s’émerveiller. »
« Nous passons la journée en calèche dont le cocher – notre guide – parle très peut anglais et se racle la gorge trop souvent. Il nous parle pourtant beaucoup dans un dialecte incompréhensible, autant qu’à son cheval qu’il a affublé d’une fleur jaune et rouge. Il chante de temps à autre et fait de la musique avec son fouet en le tapant contre les armatures métalliques de la carriole ou les rayons des roues en bois. »
Toujours à Bagan…« Le temps semble s’y être arrêté il y a cinquante ans ; les maisons sont en vieux bois, les gens à la peau brunie et au visage sec et droit vont d’un endroit à l’autre à pied, à bicyclette ou à cheval ou s’endorment un moment sur un banc en attendant que la chaleur soporifique se dissipe. La ville n’est pas éclairée de nuit autrement que par des dizaines de lanternes en papiers accrochée aux branches des arbres. »
Au Lac Inlay à l’aube…
« Non loin d’ici les moines prient depuis quelques heures déjà, leurs chants m’ont réveillé de bonne heure; l’air est frais et le village est encore englué dans une masse brumeuse en attendant le levé du Soleil ; pourtant il y a déjà beaucoup d’agitation dans les rues alentour. »
« Nous avons passé la journée sur un bateau à moteur en vieux teck peint en bleu. Très longue et étroite l’embarcation fend l’eau du lac sans heurts ; elle est conduite par un shan qui ne parle pas anglais : les dialogues sont très agréables, épurés, purifiés à l’extrême et c’est apaisant. »
« Les buffles d’eau sont des créatures assez respectables et impressionnantes. Elles se déplacent avec lenteur, calmement et ont au fond des yeux une sagesse et une tranquillité enviables. Elles semblent passer leurs journées à se rafraîchir assis sur les bords du lac dans les eaux peut profondes. Chaque buffle est attaché par une corde à un enfant qui l’attend patiemment assis sur la berge ; on se demande lequel des deux garde l’autre. »
À Yangon…
« Il n’y a pas grand-chose à dire sur ces derniers instants si ce n’est qu’à côté de Bagan on Inlay la vie y semble déjà fort futile. »




















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